Et voilà l'Harmattan ...

Finalement ici, il y a tous les jours quelque chose de nouveau !
Question carburant et ramassage des poubelles, tout est rentré dans l'ordre aussi vite que cela avait commencé ...
J'ai raté de magnifiques photos, il y a un peu plus d'une semaine, de nuées de papillons blancs transportés par le vent ... il faudra que je sois attentif à la prochaine éclosion ... peut-être dans un an ? ... Je ne sais pas !
Il y en avait partout ... même dans le quartier du plateau ... c'était magnifique ...

Et voilà, depuis le début du week-end dernier (14 décembre), le ciel a pris une teinte grise un peu tristounette ... brume de chaleur ? 


Non ! En fait, il s'agit de l'Harmattan, ce vent qui vient du Nord et transporte le sable (la poussière) des zones sèches.
La visibilité s'est réduite : de chez moi, on n'aperçoit presque plus la statue de la renaissance africaine ... qui est à moins d'un kilomètre à vol d'oiseau ...
Le soleil a des allures de lune ...
Et il y a partout cette sorte de poussière blanche ... même dans les narines et la bouche ....
Pas très agréable !

Ca sent ... les ennuis ...

Un "parfum" de discorde plane sur Dakar ...
Non ! On n'en est pas à la guerre civile ... mais des nuages sombres s'accumulent un peu  autour de la capitale ...
Hier, par hasard j'ai appris que les camionneurs qui livrent les stations service avaient décidé d'entamer une grève à partir du vendredi 13 (pourquoi avoir choisi cette date ?) !

Prudent, car ayant déjà connu ce genre d'annonce dans les départements d'outre-mer français et surtout en ayant vécu les conséquences, j'ai donc fait un petit plein pour la moto tout de suite et ce matin, même opération pour la voiture ... au moins je pourrais me déplacer ...
De manière étonnante, la station service du quartier était vide de clients (j'ai même cru qu'elle était fermée !).
En interrogeant le pompiste, j'apprends que le mot d'ordre est bien maintenu mais qu'il n'y a pas plus de clients que d'habitude ...
Je me sens un peu ridicule de prendre des précautions exagérées, mais bon ... un moment de honte est vite passé ... et je passe à autre chose !

Et ce soir ... c'est le cataclysme !

Les routes de Dakar sur lesquelles se trouvent des stations service sont embouteillées ... les files d'attente de voitures engorgent les voies ...
Qui plus est, des myriades de 2-roues encombrent les pistes des stations ... des bidons (encore) ont fleuri partout ...
Sentiment de honte donc bien refoulé ... une certaine fierté même de ma prévoyance !

Mais je n'ai pas tout prévu !
Le retour vers la maison est un calvaire ...
Car il y a 3 stations service dans mon quartier et ... les bouchons commencent à près de 5 kms de mon havre de paix ....
Après avoir patienté dans l'embouteillage ... j'arrive à prendre les chemins de traverse pour parvenir à 200 mètres de la piste qui me donnera accès à mon  "chez-moi" ...
200 derniers mètres pour lesquels il me faudra près d'un quart d'heure de patience pour les parcourir ...
Quelques gendarmes sur un rond-point tentent tant bien que mal de faire passer les uns et les autres ... sans succès !

Le plus grave dans tout cela, c'est que la dernière fois que cette situation s'est présentée, les centrales électriques ont dû s'arrêter ...  et les groupes électrogènes ont cessé de fonctionner faute de gas oil ...
Bon ben ... ça promet  !
Quelques nouvelles aventures en perspective ...

Ah oui ... j'oubliais ... les éboueurs sont aussi en grève depuis deux jours !
Et avec la chaleur ... ça "sent" vraiment les ennuis ... en fait ça ne sent pas bon du tout !

Sénégal ... Quelle terre laisseras-tu à tes enfants ?

(petit coup de gueule ...)



Je ne suis peut-être pas bien placé pour porter un jugement ou pour donner des leçons, mais la situation me paraît suffisamment criante pour avoir le droit de m'exprimer.
Dakar souffre de ses déchets, de ses eaux usées, c'est un fait ...
La collecte des ordures coûte cher, c'est un fait aussi. Il suffit de consulter une feuille d'impôts en Europe pour y voir apparaître les montants correspondants.
Alors bien sûr ici, dans un pays sont les ressources sont limitées on peut comprendre que les choses, dans ce domaine, ne sont pas faciles à règler.

Mais ce pays est beau !
Alors que dire, que penser quand on traverse la brousse et que nombre de villages sont signalés non pas par un panneau portant leur nom, mais par un tas de déchets ?
Sans parler de certains autres qui ne sont que d'immenses champs d'immondices (traverser Dahra suffira à convaincre les plus sceptiques).
Au contraire, on voit que certains campements se sont organisés pour mettre en place un seul point de dépose !

Le problème dans tout ça, ce n'est pas forcément l'image que cela renvoie.
Mais bien la pollution que cela génère, car à bien regarder ce sont les reliquats de la civilisation qui se répandent partout et surtout des plastiques que la nature n'arrivera à "digérer" que bien difficilement et surtout en y mettant beaucoup de temps.

Il faudrait des milliards de FCFA  pour tout ramasser, mais sans aucun doute beaucoup moins pour se lancer dans une campagne d'explications sur les conséquences à long terme de cette situation....
Et surtout sur le sens que l'on veut donner à la vie de ceux qui peupleront cette terre dans quelques décennies ...


L'hivernage est terminé

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, l'hivernage n'est pas ici la saison froide !
C'est en fait la saison chaude et des pluies tropicales.

Depuis bientôt 15 jours, la couleur du ciel a changé et les températures diurnes ont commencé à baisser.
Les alizés se réveillent et donnent une sensation de relative fraîcheur.

Nous avons même passé presque une semaine sous un ciel rempli de nuages d'altitude qui s'est terminée par une journée à la mode normande : pluie fine (tout est relatif !) et vent froid (à relativiser aussi !).

En fait, le signal de début de l'hivernage, c'est quand apparaissent les premières parkas, doudounes et autres pulls !
Et j'ai eu la surprise en rentrant tardivement à la maison un soir de découvrir le gardien avec un bonnet, un sweat-shirt à capuche, alors que ceux des voisins avaient endossé des blousons.
L'occasion d'une petite discussion sur la sensation toute relative de froid car eux commençaient à grelotter alors que moi je souffrais encore dans ma chemisette.
Cette fois la saison chaude est bien terminée et pour un toubab qui n'est pas encore bien acclimaté, la toute relative fraîcheur qui s'installe, fait beaucoup de bien et permet enfin des nuits reposantes.

Le seul détail qui achoppe c'est que les moustiques, eux, n'ont pas encore reçu l'information (en principe, ils doivent devenir moins virulents avec les "basses" températures) et comme on peut enfin couper les climatiseurs, ils s'en donnent à coeur joie !!

L'eau est revenue ....

Eau miracle !!! Eau joie !!! Eau là là !!!

Les robinets délivrent de nouveau le précieux liquide. Il semble que la dernière réparation effectuée hier a tenu et même si, ce matin, la pression laissait grandement à désirer, l'amélioration s'est effectuée durant la journée.
Ce soir, les cuves sur le toit se remplissent petit à petit et laissent espérer un retour à la normale et surtout la reconstitution des réserves.
La prudence reste cependant de mise et on va voir combien de temps cela va durer.
En attendant, il est maintenant difficile de se débarrasser des habitudes économes que l'on a mises en oeuvre pendant plus de 2 semaines ... mais après tout, il paraît que c'est bon pour la planète... alors on va faire quelques petits efforts !
Malgré les désagréments, l'expérience a été intéressante et amène surtout à réfléchir au monde que nous laissons à nos enfants.

Allez, je vais prendre une douche bien méritée !!!

Il n'y a plus d'eau !!!

On ne compte plus les jours !
Les jours sans le précieux liquide qui coule du robinet ...
J'avoue avoir perdu le compte des journées qui ont passé depuis que l'usine de Keur Momar Sarr a cessé de délivrer l'eau courante suite à un grave problème technique. 15 ou 20 jours ...
En fait, chaque soir apporte son lot d'espoir concernant la réparation d'une pièce défectueuse, vite réduit à néant le matin par les nouvelles du jour.
On a tenté des réparations qui se sont soldées par des échecs et même des blessés suit à l'explosion des soudures sous la pression ...
Donc on attend ...
Dans les rues, on observe un balai bien réglé de bouteilles vides et pleines, de bassines gigantesques que les femmes portent sur leur tête et comme dans un rêve la vie continue ...
Je me considère comme un privilégié ... les cuves sur le toit de l'immeuble nous ont permis de vivre confortablement pendant 15 jours ... mais là il n'y a plus une goutte au robinet ...
Et cela devient "un peu" difficile.
Comment ne pas avoir un regard admiratif sur cette patience, ce système de la débrouille, cette solidarité qui permet que l'eau circule encore.
Je n'ose imaginer certains quartiers d'une capitale européenne privée d'eau pendant seulement  une semaine et la pression qu'exerceraient les médiae.

Et les "mouvements d'humeur" que cela soulèverait.
Mais ici rien ... ou quasiment rien ... quelques pneus brulés sur un carrefour ... et c'est tout !

La distribution s'est peu à peu organisée dans les quartiers qui souffrent le plus, grâce à des camions citernes qui stationnent, avec parfois le concours des forces militaires françaises ...
Et dire que dans certains endroits, il y a encore des inondations !

Alors on va encore patienter un peu ... en limitant au maximum la consommation courante ... parce que tout le monde n'a pas les moyens de se payer 1,5 L d'eau potable à 300 FCFA ... un peu par solidarité ...

Courage !
Peuple sénégalais, tu es admirable !

Pour les toubabs, un petit tour sur le site de l'Ambassade de France qui donne quelques nouvelles rassurantes ...


Débarqué au Sénégal le 14 juillet 2013, je me suis rapidement aperçu que si je ne mémorisais pas mes impressions et ce que je vois, j'aurais manqué l'essentiel.
Ce blog n'a pas vocation à entrer dans la postérité, mais au moins il permet de partager quelques images, quelques sensations et quelques moments que je pressens déjà comme inoubliables !
Les "aventures" ont commencé dès les premiers pas dans l'aéroport et je ne doute pas qu'il y en aura d'autres......